Avec 44 membres d’équipage à son bord, le navire submersible est activement recherché depuis qu’il a disparu alors qu’il naviguait dans l’Atlantique.

Les recherches se poursuivaient samedi dans l’Atlantique sud pour localiser le sous-marin militaire argentin «Ara San Juan», avec 44 membres d’équipage à bord, qui n’a plus donné signe de vie depuis trois jours. A ce stade, la marine argentine ne se veut pas alarmiste et dit que la détection du signal émis par le submersible peut être compliquée par le mauvais temps dans la zone où le sous-marin a été localisé pour la dernière fois.

Des avions et des navires de l’armée argentine, ainsi qu’un avion de la Nasa, ont commencé vendredi à quadriller une vaste zone au large des côtes argentines où pourraient se trouver le San Juan et son équipage. Selon les dernières informations du porte-parole de la marine, entre 15% et 20% de la zone ont été parcourus.

La dernière communication de sa position remonte à mercredi 07h30 locales. Le bâtiment faisait route vers la base navale de Mar del Plata, son port d’attache, en provenance du port d’Ushuaïa.

«Il y a deux positions estimées pour les recherches, si la panne concerne seulement la communication, il a pu continuer sa route vers Mar del Plata pour favoriser un point de rencontre. En revanche, s’il n’a plus de propulsion et se trouve à la dérive, il faut le chercher en tenant compte des courants et du vent», a déclaré le porte-parole de la marine argentine, le capitaine Enrique Balbi.

Dans un message écrit, le pape François, argentin lui aussi, a dit qu’il priait pour les 44 marins et assuré les familles des membres de l’équipage, les autorités militaires et civiles de «sa proximité dans ces moments difficiles».

«Nous sommes en contact avec les familles de l’équipage, pour les informer et les soutenir. Nous partageons leurs préoccupations et celles de tous les Argentins», a déclaré via Twitter le président argentin Mauricio Macri. «Tous les moyens nationaux et internationaux nécessaires», a-t-il assuré, sont mis au service des recherches au large de la Péninsule de Valdés (sud-est), une zone touristique réputée pour sa faune, notamment la baleine australe.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, présent aux Iles Malouines voisines, des pays de la région (Chili, Brésil, Uruguay, Pérou) et l’Afrique du Sud ont offert leur «appui logistique» pour localiser le submersible argentin.

En outre, les autorités argentines ont lancé un appel «à tous les bateaux présents dans la zone, leur demandant d’être attentifs à toute communication radio».

En constatant la rupture de contact avec sa base, le submersible aurait normalement dû remonter à la surface ou activer une balise radio d’urgence, selon le protocole. Le sous-marin était parti il y a 35 jours de Mar del Plata, port et station balnéaire à 400 kilomètres au sud de Buenos Aires, pour rejoindre Ushuaïa où il a passé trois jours avant d’entamer le voyage de retour.

La dernière position relevée le 15 novembre le situait à 430 km des côtes de la Patagonie et de la Péninsule de Valdés. Le sous-marin doit normalement donner sa position toutes les 48 heures.

Le retour du sous-marin était prévu pour le mercredi 22 novembre. Il dispose à bord de 15 jours supplémentaires de vivres et d’oxygène.

Le «Ara San Juan», 65 mètres de long et sept de diamètre, est un des trois sous-marins de la marine argentine, qui l’a incorporé en 1985 à sa flotte. C’est un modèle TR-1700 à propulsion diesel-électrique, construit dans le chantier naval Thyssen Nordseewerke de Edemen, en Allemagne, dont la première sortie en mer a été effectuée en 1983. Il a été remis en état dans le chantier naval Tandanor de Buenos Aires, dont il est sorti en juin 2014 «totalement opérationnel» selon la marine.

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